Opus 8
’ Je t'écris cette lettre près du phare. Je me dis que s'il n'était pas là, quelque chose en moi perdrait son chemin. Aujourd’hui, l’essentiel est cet îlot entre nos deux poumons, cette lueur qui nous mène au bout du monde les soirs d’été. Chaque lettre que je t’enverrai ressemblera au réveil du matin. Cet instant où se jeter dans le vide revient à se jeter dans la lumière. N’oublie pas ces mots si tu veux bien : se jeter dans le vide revient à croire. J’attends la nuit pour finir ma lettre. Attends-la avec moi. Ainsi nous nous rejoindrons. ’ Texte : © Delphine Burnod Photographie : © Robert Loï